Le boom du Freelancing

Le Freelancing, notamment dans l’IT, est en plein essor pour atteindre 930 000 professionnels indépendants en 2018, soit une progression de +145% sur 10 ans. Comment expliquer ce phénomène ? Est-ce le fruit d’un choix ou d’une contrainte ? Quelles sont les attentes aujourd’hui d’un freelance ? Quel statut privilégier pour se lancer ?

Décryptage

D’après Eurostat, le nombre de freelances ou iPros (independent professionals) a explosé en France ces dernières années, passant de 700 000 en 2013 à 930 000 en 2018. Le rythme actuel est de +50 000 nouveaux freelances chaque année ! C’est une tendance générale observée partout en Europe qui bouleverse notre approche au travail. La Commission européenne estime même qu’en 2030, la moitié des actifs au sein de l’Union Européenne sera indépendante.

Le Freelancing poussé par les métiers de l’IT mais pas que...

Ces dernières années, le freelancing a été fortement poussé par les métiers du digital et de la Tech. De nombreux consultants envisagent de devenir freelance après avoir passé quelques années au sein d’une ESN (Entreprise de services du numérique). Le marché de l’IT est en pleine expansion avec, selon le Syntec Numérique, 151 000 nouveaux emplois créés en 10 ans, soit +7,1% de croissance contre +1,2% dans l’ensemble du secteur privé. La tendance s’accélère même dans les domaines du Cloud, du Big data ou de la cyber sécurité. C’est un marché déséquilibré où la demande est plus forte que l’offre. Ainsi, 81% des entreprises font part de difficultés de recrutement (source regionsjob), ce qui incite les consultants à abandonner le salariat pour devenir indépendant et ainsi proposer directement leurs services au prix du marché.
Mais le Freelancing se diversifie et ne concerne plus uniquement les profils technologiques. Les plateformes de mise en relation sont ainsi devenues un puissant moteur de développement du travail indépendant. Avec la mise en contact direct des professionnels et de leurs clients, il touche désormais massivement les métiers artistiques (photographes, graphistes, designers), de la communication, du Marketing, des Ressources Humaines, du Coaching ou de la Gestion de projets. On voit également se développer un phénomène encore difficile à évaluer de pluriactivité ou de freelance slasheur qui jonglent entre les clients et les missions. Travail ne rime plus avec lieu, horaires et hiérarchie. Les nouvelles technologies rendent le travail nomade en abolissant les distances.
De leur côté, les entreprises, qu’elles soient des start-ups, des PME ou des grands groupes n’hésitent plus à faire appel à des freelances pour des missions d’expertise. Elles disposent ainsi de compétences pertinentes pour mener à bien leurs projets. La souplesse contractuelle leur permet de rester agiles en se concentrant sur leur cœur de métier dans un environnement économique mouvant. De plus, le freelance est généralement un travailleur autonome, ce qui permet à ces entreprises de se décharger du management de ces ressources et d’alléger leur gestion administrative.

Le freelancing par choix : davantage d’autonomie et de liberté

Dans son livre « Portrait de la France qui vient », Thierry Pech pointe deux sources de frustrations chez les travailleurs français : le manque d’autonomie dans l’exercice de leurs activités et le manque de reconnaissance de leurs compétences. Le Freelancing permet alors de choisir ses propres missions et de fixer ses conditions de travail. Le freelance aspire à mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle en organisant librement son emploi du temps. D’après une étude de l’APEC, 57% des cadres envisagent de renoncer au salariat pour se lancer en freelance. Devenir freelance permet également de rester mobile et d’augmenter ainsi son employabilité.
Pour beaucoup, le CDI ne fait, dès lors, plus rêver et le Freelancing est désormais un choix sur le long terme. D’après la dernière étude réalisée par Malt, 90% des freelances optent pour ce statut par choix et plus de 80% le font à temps plein. S’il faut relativiser ces résultats car ce sondage porte uniquement les freelances inscrits sur la plateforme, l’attractivité du freelancing reste indéniable.

Le freelancing subi : quand il est plus facile de trouver un client qu’un CDI

Les créations d’emplois salariés sont de moins en moins nombreuses et se font de plus en plus rarement en CDI. Il est ainsi devenu plus facile aujourd’hui de trouver un client que de trouver un job en CDI. Mais la fin annoncée du salariat et l’avènement d’une société d’indépendants ne signifie pas que le freelancing soit toujours un choix. Le chauffeur VTC n’a ainsi d’autre possibilité que d’exercer en freelance car les plateformes comme Uber ne proposent pas de contrat de travail. Autre exemple : le négociateur immobilier qui travaille pour le compte d’une agence ou d’un réseau immobilier. 47% des négociateurs exercent en tant qu’indépendant car leur client (agence ou réseau) ne propose pas de statut de salarié.

Quelles sont les difficultés des travailleurs indépendants ?

Que ce soit par choix ou par contrainte, les freelances sont souvent seuls et nombreux sont ceux à exercer leur activité dans des conditions matérielles difficiles. La pression financière peut les pousser à accepter tout ce qui se présente avec une charge de travail qui laisse peu de place à la formation et à une projection sur le long terme. Être autonome est synonyme de liberté mais aussi de contraintes. Le freelance doit apprendre à gérer son temps et à prospecter ses clients. Il lui faut également apprendre à se gérer financièrement avec des revenus fluctuants. Exercer avec un statut d’auto-entrepreneur ou de société unipersonnelle (SASU ou EURL) ne permet pas de bénéficier d’indemnités chômage durant les périodes d’inactivité. Il faut donc savoir anticiper pour ne pas se retrouver en difficulté.
Livrés à eux-mêmes et sans relais auprès des pouvoirs publics, les freelances sont les grands oubliés des réformes sociales et économiques en France. Parmi les demandes des freelances, on peut ainsi citer :

  • Une meilleure protection sociale,
  • Le bénéficie de l’assurance chômage durant les périodes d’inactivité,
  • Un accès plus facile à un logement ou à un crédit,
  • Un accès aux avantages du salariat tels que l’épargne salariale, la mutuelle ou le comité d’entreprise,
  • Un meilleur accompagnement pour mettre fin à leur isolement.

Le Portage salarial, une nouvelle forme d’emploi adaptée au freelance

Pour répondre aux exigences des freelances en termes de sécurisation et d’accompagnement, de nouvelles formes d’emploi comme le Portage salarial se sont fortement développées ces dernières années.
Côté pile, ce dispositif, à mi-chemin entre le salariat et l’entreprenariat, permet au freelance d’exercer son activité de manière autonome tout en bénéficiant des avantages d’un salarié. Le freelance utilise les services d’une société de Portage salarial pour facturer ses clients et transformer mensuellement son chiffre d’affaires en salaire. C’est une solution simple, rapide et sécurisée pour exercer son activité car elle permet de déléguer l’intégralité de sa gestion administrative à une société spécialisée. Elle permet également d’être accompagnée pour bénéficier de formations et rompre l’isolement inhérent au Freelancing en le connectant à une communauté d’experts.
Côté face, ce dispositif implique de payer des charges sociales plus élevées pour bénéficier d’une protection sociale équivalente à celle d’un salarié. De plus, le freelance devra prendre le temps de bien choisir sa société de Portage salarial en considérant, bien évidemment, le prix mais aussi la qualité des services et la transparence dans la gestion de son compte d’activité par la société choisie.

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